Note : Dans les sous-titres, les mots en majuscules et entre guillemets sont tirés intégralement de la lettre envoyée par Kimberly-Clark; nous n’avons pas corrigé les fautes et les impropriétés de langage.
• Kimberly-Clark affirme s’être « ENGAGÉ À L’EXPLOITATION DURABLE DES FORÊTS »
Notre réponse : Cette affirmation serait louable si elle était vraie… Malheureusement, pour s’alimenter en fibres afin de fabriquer ses papiers jetables (notamment ceux de marque Kleenex), Kimberly-Clark continue de faire appel à des entreprises qui font des coupes à blanc dans les précieuses forêts boréales d’Ontario et d’Alberta. Si Kimberly-Clark se préoccupait vraiment de développement durable, on n’aurait pas découvert, en novembre 2000, plus d’un million de mètres cubes de bois abandonné, en train de pourrir le long des routes forestières. Si Kimberly-Clark se préoccupait vraiment de développement durable, elle n’achèterait pas de pâte à papier de la compagnie Weldwood en Alberta, qui fait des coupes au cœur de l’habitat du caribou des bois, une espèce menacée d’extinction.
Les forêts boréales qui servent de source de fibres à Kimberly-Clark n’ont jamais été exploitées commercialement. Ces forêts datent de la dernière époque glaciaire et sont le fruit d’une évolution qui s’étend sur plus de 10 000 ans. Les forêts du monde s’amenuisent continuellement et les papetières comme Kimberly-Clark doivent absolument s’engager à ne plus prélever de bois dans les forêts menacées. Il faut que les engagements corporatifs se traduisent en gestes concrets sur le terrain et que les entreprises protègent réellement ce patrimoine mondial.
• Kimberly-Clark affirme s’être « ENGAGÉ À LA CERTIFICATION DE FORÊT DE TIERS »
Notre réponse : Dans la majorité des cas, Kimberly-Clark achète sa pâte d’entreprises qui exploitent les forêts sans égard aux critères de développement durables reconnus. Les forêts à développement durables doivent répondre à des normes environnementales et sociales élevées. Elles doivent notamment être exploitées en tenant compte à la fois de l’écologie et de l’impact culturel et social de l’exploitation sur les populations locales. Greenpeace considère qu’à l’heure actuelle, le seul organisme d’évaluation vraiment crédible est le Conseil de la bonne gestion forestière, le Forest Stewardship Council (FSC). Le FSC a établi un système de gestion et de certification rigoureux et il est complètement indépendant des compagnies forestières.
Kimberly-Clark achète une bonne partie de ses fibres d’entreprises qui ont obtenu une certification de l’Association canadienne de normalisation (CSA) ou de la Sustainable Forestry Initiative. Toutefois, il faut savoir que ces organismes ont été créés par l’industrie et pour l’industrie et qu’ils sont loin d’être avant-gardiste en matière sociale et écologique. C’est pourquoi aucun de ces deux organismes n’est reconnu par des groupes de protection de l’environnement comme Greenpeace. Il faudrait que Kimberly-Clark s’engage à acheter ses fibres vierges uniquement auprès de fournisseurs accrédités par le FSC.
• Kimberly-Clark affirme avoir « COMPLÉTÉ UN INVENTAIRE DE SES FOURNISSEURS MONDIAUX DE FIBRE TIERS »
Notre réponse : Il est bien sûr essentiel que les grandes entreprises établissent un répertoire de leurs fournisseurs à travers le monde. Mais encore faut-il qu’elles le publient! Sinon, comment pourra t-on évaluer les éventuels problèmes écologiques et culturels posés par ces fournisseurs? En plus de répondre à cette exigence fondamentale, Kimberly-Clark doit aussi prendre d’autres engagements importants, comme cesser d’acheter des fibres provenant de forêts menacées et augmenter radicalement la proportion de résidus agricoles et de fibres recyclées après consommation dans ses produits.
• Kimberly-Clark affirme que « SES PRODUITS EN PAPIER MÉNAGER NE CONTIENNENT AUCUNE FIBRE PROVENANT DES FORÊTS VULNÉRABLES DU SUD-EST
Notre réponse : Notre campagne est centrée sur la forêt boréale du Canada, pas sur les forêts du sud-est des États-Unis. Greenpeace Canada n’a jamais affirmé que Kimberly-Clark utilisait des fibres provenant du Cumberland Plateau au Tennessee pour fabriquer ses papiers jetables.
Si Kimberly-Clark était vraiment fière de ses fournisseurs de fibres, elle en publierait la liste. Or, elle a toujours refusé de le faire.
• Kimberly-Clark affirme qu’ELLE PROTÈGE DÉJÀ D’IMPORTANTES FORÊTS ANCIENNES EN ONTARIO
Notre réponse : Les faits démentent cette affirmation. Kimberly-Clark continue d’acheter des fibres d’entreprises qui exploitent des sections intactes et écologiquement importantes de la forêt boréale en Ontario et en Alberta. En examinant les documents mêmes de Kimberly-Clark, on constate que l’entreprise fait des coupes dans des forêts où l’on retrouve des arbres âgés de plus de 180 ans. Ces forêts abritent aussi une grande variété d’espèces animales : grizzlys, ours noirs, caribous, des bois, loups, martres, aigles à tête blanche, nyctales boréales, etc. Dans certains de ces écosystèmes, il n’y a jamais eu de coupe forestière. Il est inadmissible de raser ces forêts pour en faire des papiers jetables.
• Kimberly-Clark affirme qu’ELLE EST PRÊTE À ENVISAGER D’AUTRES FAÇONS DE PROTÉGER LA FORÊT BORÉALE
Notre réponse : Kimberly-Clark n’a proposé aucune mesure significative qui lui permettrait de mieux protéger les forêts boréales. Pour améliorer son bilan écologique, il faudrait tout d’abord que l’entreprise réduise de beaucoup la proportion de fibres vierges qui entre dans la fabrication de ses produits de papier jetables et qu’elle les remplace par des résidus agricoles et des fibres recyclées. Transformer les forêts anciennes en mouchoirs jetables et en papier de toilette est tout simplement inacceptable. Si elle veut réellement protéger la forêt boréale, il faut que Kimberly-Clark s’engage à utiliser uniquement des fibres vierges portant la certification du FSC, à cesser d’acheter des fibres tirées de forêts menacées et à augmenter radicalement la proportion de fibres recyclées dans tous ses papiers jetables.
• Kimberly-Clark affirme qu’elle « OFFRE DÉJÀ DES PRODUITS EN PAPIER MÉNAGER DE FIBRE RECYCLÉE À 100 POUR CENT »
Notre réponse : La plupart des papiers jetables les plus connus de Kimberly-Clark, ceux qu’on trouve couramment dans les magasins, les épiceries, les pharmacies, etc., sont faits uniquement à partir de fibres vierges. C’est notamment le cas des produits de marque Kleenex.
Kimberly-Clark utilise annuellement plus de 2,5 millions de tonnes métriques de fibres vierges pour fabriquer ses papiers jetables et une bonne partie de ces fibres provient d’arbres qui poussent dans des forêts menacées ou des forêts anciennes comme la forêt boréale du Canada. Moins de 19 % de toute la pâte à papier que consomme Kimberly-Clark provient de fibres recyclées. De plus, Kimberly-Clark utilise encore moins de fibres recyclées dans ses papiers destinés aux consommateurs puisqu’elle affecte surtout les fibres recyclées à ses papiers de type commercial (destinés aux grandes institutions, aux édifices à bureaux, etc.). En comparaison, les autres fabricants utilisent environ 60 % de fibres recyclées pour fabriquer leurs papiers jetables.
De nos jours, on retrouve plusieurs marques de papiers jetables qui contiennent une forte proportion de fibres recyclées. Kimberly-Clark devrait faire de même avec toutes ses marques connues, et plus particulièrement dans le cas des papiers Kleenex.
• Kimberly-Clark affirme qu’elle a « DÉVELOPPÉ UNE TECHNOLOGIE EXCLUSIVE DE FABRICATION DE PAPIER MÉNAGER RÉDUISANT L’UTILISATION DE FIBRE »
Notre réponse : Kimberly-Clark continue à utiliser plus de 2,5 millions de tonnes métriques de fibres vierges chaque année pour fabriquer ses papiers jetables. Cette consommation de fibres vierges a un impact énorme sur les forêts anciennes comme la forêt boréale du Canada. Kimberly-Clark doit faire beaucoup plus pour protéger nos forêts, notamment en augmentant la proportion de fibres recyclées dans ses produits, comme l’ont fait ses concurrents. Cascades, par exemple, utilise une proportion extrêmement élevée de fibres recyclées dans ses produits.