Ce n'est pas juste Kimberly-Clark qui détruit la forêt boréale!
L’Arctic Sunrise bloque depuis ce matin un navire de marchandises dans le port de Grande-Anse, sur la rivière Saguenay, au Québec. Greenpeace empêche ainsi l'exportation de milliers de tonnes de pâte à papier vers l'Europe.
Cette action vise à empêcher ce navire marchand de livrer une cargaison de pâte de SFK Pâte au géant Stora Enso, en Allemagne. Trois activistes de Greenpeace sont actuellement suspendus aux amarres du MV Aeger Jarrow et deux autres militants ainsi qu’une embarcation gonflable encerclent le navire marchand.
Par ce blocus, Greenpeace souhaite alerter les clients européens et nord-américains des compagnies forestières qui coupent les dernières forêts intactes du Québec . Chaque année, le Québec exporte plus de 684 millions de dollars de produits forestiers en Europe et 10 milliards de dollars aux États-Unis.
SFK Pâte s’approvisionne en copeaux principalement auprès d’Abitibi-Consolidated, reconnue pour ses activités forestières nuisibles à l’environnement et aux pertes d’emplois. La pâte de SFK est acheminée mois après mois dans les installations de Stora Enso, à l’usine de Kabel, en Allemagne. Cette papetière d’origine Finlandaise transforme ensuite la pâte en papier qu’elle destine ensuite à la plupart des grandes publications de magazines européens.
SFK Pâte produit 373 000 tonnes de pâte annuellement. Une quantité importante de cette pâte est expédiée en Europe et aux États-unis pour la fabrication de différents types de papier. La majeure partie du bois utilisé par SFK Pâte pour la fabrication de sa pâte est fournie par Abitibi-Consolidated, et des quantités additionnelles proviennent de Bowater. Ces entreprises sont directement responsables de la destruction d’immenses territoires de forêt intacte et d’habitat de caribou en Ontario et au Québec. Elles sont montrées du doigt dans le rapport publié par Greenpeace et intitulé Destruction en chaîne.
L’un des clients importants de SFK Pâte est Stora Enso, un géant de l'industrie papetière. Stora Enso utilise de la pâte de SFK pour fabriquer des magazines vendus à travers l’Europe. Greenpeace veut que Stora Enso et les autres grands clients commerciaux de SFK et d’Abitibi-Consolidated participent à la protection de la forêt boréale. Ces clients peuvent provoquer des changements en exigeant des produits plus écologiques des entreprises d’exploitation forestière et de pâte à papier et en demandant qu’elles mettent fin à leur appui financier envers les opérations de coupes destructrices.
Puisque les gouvernements de l’Ontario et du Québec et les entreprises d’exploitation forestière n'ont pas agi pour protéger cette forêt d’une importance mondiale, Greenpeace mène maintenant la lutte sur les marchés internationaux. Greenpeace met à profit la vaste expérience acquise dans la réussite de la protection de la forêt du Grand Ours de Colombie-Britannique, en faisant appel aux marchés financiers. Greenpeace sait que lorsque les clients exigent un changement et menacent d'acheter ailleurs, les fournisseurs – les entreprises d’exploitation forestière – changent inévitablement leur façon de faire.
La forêt boréale du Canada est l’un des plus importants territoires forestiers de la planète. On exporte les produits forestiers qu’on en tire vers l'Europe et les Etats-Unis afin de fabriquer des journaux, des livres et des magazines. En 2005, le Québec a exporté vers l’Europe 684 M $ en produits forestiers et 10 milliards $ vers les Etats-Unis. Pour la même année, l’Ontario en a exporté 92 M $ vers l’Europe et 8 milliards $ vers les États-unis.


