Greenpeace bloque l’accès à une usine de Kleenex en Ontario

Communiqués | Histoire

Des militants empêchent la circulation des véhicules et demandent à Kimberly-Clark de cesser de transformer la forêt boréale en papiers jetables

Huntsville, Ontario, 27 avril 2006 – Des militants de Greenpeace ont bloqué aujourd’hui les accès routiers et ferroviaires à l’une des principales usines de Kimberly-Clark en Ontario. Les militants demandent à la compagnie de cesser de fabriquer les produits Kleenex et d’autres papiers jetables en rasant les arbres de la forêt boréale du Canada. Une vingtaine de volontaires étaient postés de façon à empêcher la circulation des camions et des trains de marchandises, tandis que d’autres sont montés sur le toit de l’usine et ont installé une immense banderole qui dit : « Kimberly-Clark & Kleenex : Cessez de détruire la forêt boréale ». Cette manifestation coïncidait avec la tenue de la réunion annuelle des actionnaires de Kimberly-Clark, qui avait lieu aujourd’hui même aussi, à Irving au Texas.

« Kimberly-Clark refuse d’agir ou même de reconnaître l’impact dévastateur qu’elle a sur les forêts au Canada, expliquait Christy Ferguson de la campagne Forêts de Greenpeace. C’est pourquoi nous allons continuer à perturber l’exploitation des usines de Kimberly-Clark et à mobiliser ses clients tant que l’entreprise et son chef de la direction, Thomas Falk, n’auront pas décidé de mettre un terme à la destruction des forêts anciennes. »

Trois trépieds métalliques de 7 m de haut ont été érigés pour bloquer le passage des camions. Des militants sont installés dans le haut et enchaînés à la base de chaque trépied avec des banderoles qui disent : « Kleenex = destruction des forêts » et « Sauvez la forêt boréale ».

Pendant ce temps, Richard Brooks, un autre collaborateur de la campagne Forêts de Greenpeace, était au Texas à la réunion des actionnaires de Kimberly-Clark. Sa tâche : sensibiliser les actionnaires, les membres du conseil d’administration et le chef de la direction pour les inciter à voter en faveur de la résolution d’un actionnaire sur l’adoption de pratiques forestières durables. Brooks explique : « Quand une entreprise comme Kimberly-Clark achète d’énormes quantités de fibres vierges qui ont été récoltées en faisant des coupes de façon irresponsable dans des forêts anciennes comme la forêt boréale du Canada, elle soulève des controverses de plus en plus marquées, et elle s’expose elle-même, de même que ses investisseurs, à des risques financiers accrus. » Pourtant, ajoutait Brooks, il y a de plus en plus d’exemples de compagnies responsables comme JP Morgan et Home Depot qui ont agi concrètement pour protéger les forêts.

La résolution en question a été soumise par un groupe d’actionnaires corporatifs qui détient des actions de l’entreprise totalisant 21 millions $. Elle exige que Kimberly-Clark réalise une étude de faisabilité sur l’adoption de politiques environnementales conformes à celles recommandées par Greenpeace. Cela signifie, par exemple, que Kimberly-Clark devrait augmenter radicalement la proportion de fibres recyclées dans tous ses produits et acheter ses fibres vierges uniquement auprès d’entreprises qui respectent les normes de développement durable très strictes du Conseil de la bonne gestion forestière.

« Au pays et partout dans le monde, les forêts disparaissent à un rythme alarmant et il est urgent de les protéger, ajoutait Ferguson. Il est hors de question que nous laissions des entreprises comme Kimberly-Clark détruire un des plus grands écosystèmes intacts de la planète pour fabriquer du papier de toilette et des mouchoirs jetables. »

Kimberly-Clark est le plus important fabricant de papiers jetables au monde. Au Canada, la multinationale fabrique notamment du papier de toilette, des serviettes de table et des mouchoirs de marque Kleenex. Tous ses produits destinés au grand public vendus en Amérique du Nord sont entièrement faits de fibres vierges (ils ne contiennent aucune fibre recyclée). Or, une bonne partie de ces fibres vierges sont directement extraites de la forêt boréale du Canada, souvent en réalisant des coupes à blanc dévastatrices. Kimberly-Clark utilise plus de 3 millions de tonnes de fibres vierges par année.

La forêt boréale du Canada couvre le nord du pays de Terre-Neuve jusqu’au Yukon. Elle représente plus de 25 % des forêts anciennes intactes encore en existence sur la Terre. La forêt boréale est un milieu de vie essentiel pour de nombreuses communautés autochtones et elle abrite des centaines d’espèces d’oiseaux et une faune extrêmement diversifiée (comprenant notamment le caribou des bois et le carcajou, deux espèces menacées). De plus, la forêt boréale constitue un puits de carbone essentiel pour combattre les changements climatiques.

Personnes-ressources chez Greenpeace :

Christy Ferguson, campagne Forêts (en Ontario) : 416-451-9354 (cellulaire)
Richard Brooks, campagne Forêts (au Texas) : 416-573-7209 (cellulaire)
Andrew Male, coordonnateur des communications : 416-880-2757 (cellulaire)

Photos et vidéos disponibles sur demande