Pour le géant papetier, la responsabilité sociale n'est qu'un voeu pieu
TORONTO, le 25 avril - Greenpeace a publié aujourd'hui un rapport administratif intitulé Kimberly-Clark, Investing in Forest Destruction: A Report on the World's Largest Manufacturer of Tissue Products, Green Consumerism and Socially Responsible Investment (Kimberly-Clark et la destruction forestière : un rapport sur le plus grand fabricant de papiers jetables au monde, le consumérisme écologique et l'investissement éthique). Le rapport met en lumière l'utilisation controversée par Kimberly-Clark (KMB à la Bourse de New York) de fibres provenant de forêts anciennes pour fabriquer ses produits jetables et dénonce ses allégations fallacieuses quant à son prétendu souci de responsabilité environnementale.
Des organismes internationaux voués à la protection de l'environnement
ont récemment lancé une offensive publique pour critiquer le rôle joué par Kimberly-Clark dans la destruction d'anciennes forêts boréales au Canada. Les groupes, notamment le Natural Resources Defense Council et Greenpeace, demandent avec insistance à Kimberly-Clark d'accroître l'utilisation de fibres recyclées et de cesser l'approvisionnement de fibres provenant de forêts anciennes et menacées, à l'instar d'autres sociétés de produits de consommation qui ont d'ores et déjà pris des mesures pour préserver les forêts.
"Les entreprises qui sont véritablement conscientes de leurs responsabilités collectives doivent être félicitées et soutenues financièrement. Or, le fait que Kimberly-Clark continue à utiliser des fibres provenant de la forêt boréale pour fabriquer du papier hygiénique et des mouchoirs contredit ses allégations voulant qu'elle soit une entreprise respectueuse de l'environnement", a souligné Steven Guilbeault, responsable de la campagne Forêts pour Greenpeace. "Une politique d'entreprise en matière d'environnement est plus qu'un simple exercice de relations publiques; il s'agit d'un véritable engagement à l'égard de la protection de l'environnement touchant chacun des aspects des activités d'une entreprise."
Le rapport, dont la sortie coincide avec la publication aujourd'hui des états financiers de Kimberly-Clark et la tenue de son assemblée générale annuelle plus tard cette semaine, souligne également la progression de l'investissement éthique et la demande de plus en plus forte de la part des consommateurs pour des produits verts et à privilégier. En 2001, les actifs des portefeuilles d'investissements éthiques gérés par des professionnels ont franchi le cap de 2 billions de dollars américains et ils poursuivent leur progression. Les entreprises aux pratiques environnementales douteuses ou qui suscitent la controverse sont, de plus en plus, éliminées de ces portefeuilles.
"Les investisseurs tiennent de plus en plus compte des répercussions environnementales et sociales au moment de prendre une décision parce que souvent, ces considérations se traduisent par des bénéfices accrus et une conscience tranquille", ajoute M. Guilbeault. "Si vous souhaitez investir dans une société de produits forestiers progressiste, oubliez Kimberly-Clark."
En dépit de ses allégations en matière de respect de l'environnement, Kimberly-Clark continue d'utiliser des fibres vierges de la forêt boréale canadienne et d'acheter de la pâte d'entreprises forestières qui font des coupes à blanc destructrices. La forêt boréale, considérée comme l'Amazonie du Nord, est la plus grande forêt ancienne qui reste en Amérique du Nord et représente 25 % des forêts anciennes de la planète. Elle abrite 40 % de la sauvagine nord-américaine et sert d'habitat aux lynx, grizzlis, loups et caribous des bois, ainsi qu'à d'autres espèces menacées.
Des sociétés telles que Home Depot, Boise Cascade, Staples et Office Depot se sont toutes engagées récemment à préserver les forêts anciennes et menacées.
Le rapport peut être téléchargé à partir du site suivant : http://www.greenpeace.ca/forest_destruction / (Anglais seulement - Résumé disponsible on francais)
Renseignements: Steven Guilbeault, responsable de la campagne Forêts,
Greenpeace Canada, cell. : (514) 231-2650;
Des photos à haute résolution et un rouleau vidéo B sont disponibles sur demande.