Kimberly-Clark et la destruction de la forêt boréale illustré en Europe

Publicité publié dans le Herald Tribune
Greenpeace a publié dans le International Herald Tribune du 22 décembre dernier une annonce publicitaire condamnant les coupes à blanc de Kimberly-Clark dans la forêt boréale canadienne.

L’annonce représente une boîte de papiers mouchoirs Kleenex accompagnée d’un mode d’emploi indiquant comment faire pour continuer de détruire les forêts anciennes en utilisant les produits de la compagnie. Ce geste de Greenpeace est le plus récent élément d’une campagne pour forcer Kimberly-Clark à ne plus s’approvisionner en pâte de bois provenant de la forêt boréale du Canada, dans le seul but de fabriquer des papiers jetables.

« Nous avons choisi de porter ce message sur la place publique puisque Kimberly-Clark refuse d’entendre raison et de prendre une décision d’affaires avisée », soutient Richard Brooks, coordonnateur de la campagne forêts chez Greenpeace Canada. « La forêt boréale du Canada revêt trop d’importance, notamment dans la lutte contre les changements climatiques, pour qu’on la taille en pièce de la sorte afin d’en faire du papier hygiénique et des papiers mouchoirs destinés aux marchés de l’Europe ou de l’Amérique du Nord. »

Tous les ans, Kimberly-Clark utilise plus de 3,1 millions de tonnes de pâte de papier. De cette somme, près du quart provient des forêts canadiennes, notamment de coupes rases réalisées en Ontario et en Alberta. Cette entreprise refuse toujours d’augmenter le contenu en fibres recyclées dans ses produits. Il est pourtant prouvé que les consommateurs nord-américains, dans une perspective de développement durable, seraient prêts à payer davantage pour se procurer des papiers jetables dont la provenance respecte l’environnement.

Greenpeace s’est efforcée de convaincre les milieux d’affaires et les universités de cesser d’acheter les produits Kimberly-Clark et d’adhérer à 700 entreprises pour la forêt, une longue liste d’organisations qui refusent d’utiliser des produits de Kimberly-Clark. L’Université Rice du Texas s’est d’ailleurs jointe à la liste la semaine dernière.

« Les consommateurs européens forment un marché particulièrement sensible aux enjeux gouvernementaux de ce genre » a ajouté Richard Brooks. « Puisque Kimberly-Clark a choisi de ne pas interrompre des coupes qui endommagent la forêt boréale du Canada, nous n’avons d’autres choix que d’informer ces consommateurs des dangers encourus par l’environnement forestier et de les enjoindre à ne pas se procurer de produits de Kimberly-Clark. »

C’est dans cet esprit qu’en novembre dernier des volontaires de Greenpeace ont installé un blocus devant le siège social commercial de Kimberly-Clark en s’enchaînant à des cuvettes de toilette et en déployant une banderole à partir du toit de l’édifice. 19 % des ventes de la firme concernent le marché européen.